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Histoire d'il y a belle lurette...

Chuelles

par Liliane Violas
(pour contacter l'auteur, cliquez ici)
Cet article est extrait de l'
Eclaireur du Gâtinais n° 2784, 2785, 2786 de mars 1999


Chuelles et ses châteaux

Avec le village de Chuelles, nous entrons dans la région de l'Hermois, pays plat situé entre les vallées de Ouanne et de la Cléry, mais aussi pays du cidre.

Le docteur Gastellier écrivait d'ailleurs au XVIIIème siècle. "Planté, en poiriers et surtout en pommiers c'est à proprement parlé un verger qui s'étend sur 10 paroisses. Il peut avoir 20 à 25 lieues de circonférence : c'est la Normandie de notre canton et leur commerce principal est en fruit et en cidre. La vigne y est très rare et le vin fort médiocre ... "

Les fiefs médiévaux

Monsieur l'abbé Besnault a effectué de nombreuses recherches sur l'histoire de sa paroisse. "Il n'y avait pas de grand château fort à Chuelles; comme à Courtenay ou Montargis, écrit-il, mais des petits fortins (…) " De ces petits châteaux médiévaux, seul le nom est parvenu jusqu'à nous : Montifaut, les Gibards, Villiers-Chauveau, la Hure et surtout les Rosets qui fut le premier château de Chuelles.

Selon l'historien Paul Gache le château des Rosets fut bâti au XlIe siècle. Il semble qu'il ait abrité, une hôte de renom en la personne de Blanche de Castille. En effet la régente et mère de Saint-Louis alla souvent au château de Chantecoq.

Vers 1240, elle vint donc aux Rosets. Le. souvenir de son passage s'inscrivit dans le nom du "Bois de la Reine" situé non loin des Rosets. Entre 1297 et 1310, le château appartenait au seigneur de Cholia ou Choile., Son nom fut à l'origine de celui de Chuelles. La guerre de Cent Ans détruisit tous les petits fiefs de Chuelles.

Les troupes de Robert Knowles encore nommé Robin Cannole laissèrent derrière eux une contrée ravagée Les exactions sans nom perpétrées par ce soldat anglais et sa troupe de soudards ont déjà été évoquées au cours des épisodes précédents.

La terreur qu'inspira son passage était telle que, six siècles pIutard, on relate encore ses méfaits : a l'ouest de, la Bouzie on dit qu'un bois était appelé le 'Bois des culs rouges" car dans une mare proche, les Anglais auraient noyé des

enfants a leur avoir brisé les reins. Le lieu-dit "la Batterie" entre Monplaisir et Boisrond fut, dit-on, l'endroit où les habitants de Chuelles tentèrent de lutter contre les Anglais venant de Chantecoq.

Après le passage de ces barbares, la moitié du bourg de Chuelles était détruit et il ne restait rien des fiefs. Celui des Rosets étant anéanti, le châtelain émigra au Verger.

A la fin du XVe siècle, les Rouzé l'aménagèrent en ferme et le domaine fut relevé intégrant les tours qui subsistaient de l'ancien château. Cette ferme fortifiée fut ensuite habitée par des familles bourgeoises.

Le Verger

Le château du Verger fut édifié en 1139 par Jean de Giroles. Ce château était destiné à remplacer celui de Chuelles aux Rosets, dont il n'était alors que le verger. On appela le château du Verger, en 1916, longtemps ce château "fief, de feu Jean de Giroles".

Cet homme éminent était le père de Louis de Giroles, gouverneur clé Montargis et Cepoy de 1404 à 1413. Une tour du Château haut de Château-Renard porte son nom, celle confiée à la garde du seigneur de Chuelles.

Le seigneur de Chuelles devint donc celui du Verger. L'apogée de cette domination seigneuriale sur la paroisse s'observa avec les Vièvres, vieille famille gâtinaise qui avait hérité du Verger par les Giroles. Après les Viévres se succédèrent les Assigny, Racault et Montigny. Toutefois, Ie personnage dont le nom est resté attaché à celui du Verger, est sans conteste l'écrivain Gatien Courtilz de Sandras.

Celui-ci fut propriétaire du château sous Louis XIV. Issu d'une famille dont la noblesse remontait au XlVe siècle il naquit en 1644 et s'engagea dans l'armée à seize ans. Il y fit une brillante carrière. Courtilz de Sandras devint notamment mousquetaire du roi, cornette d'un régiment royal et capitaine de cavalerie. Sa carrière militaire achevée, il se consacra à l'écriture et acheta en 1689 le château du Verger. Il était alors âgé de 45 ans.

Le domaine comprenait non seulement le château aujourd'hui disparu, mais trois cents arpents de bois, une ferme, un moulin et deux métairies. Ses succès littéraires, à défaut de lui apporter la tranquillité, lui fournirent toutefois l'argent nécessaire à l'entretien du domaine et à son agrandissement.

Marié trois fois, père de six enfants - dont deux. virent le jour à Chuelles -, ce gentilhomme écrivain fit plusieurs séjours à la Bastille, Ses écrits ne faisaient pas l'unanimité..

Un vent de scandale

Courtilz de Sandras puisait en effet son inspiration dans ce qu'il connaissait, c'est-à-dire les intrigues des grands de la cour. Il écrivit, notamment, le "Testament politique de Colbert", "L'histoire de la guerre de Hollande", 'La vie de Coligny".

A VersaiIIes, on était à l'ère de la pieuse madame de Maintenon et les situations libertines dans lesquelles l'écrivain représentait les courtisans déplaisaient fortement au Roi-Soleil. Pour éviter la prison, Courtilz de Sandras se faisait publier à la Haye. Malgré cela Il fit un premier séjour de six ans à la Bastille. Puis il recommença à prendre la plume et publia en 1709 les "Mémoires de d'Artagnan". Le sujet fut repris par Alexandre Dumas qui copia des passages entiers de Courtilz de Sandras et que l'on retrouve dans "Les Trois Mousquetaires".

Aujourd'hui bien peu de personnes savent que le fameux roman de Dumas provient directement d'une oeuvre écrite à Chuelles.

L'écrivain vécut vingt-trois ans au Verger, mais fut le seul membre de sa famille bien que le plus illustre à n'y être pas enterré. Il mourut en effet en 1711 à la Bastille ...

Ses enfants héritèrent du Verger, puis le château passa aux Girodet. Mais le peintre y séjourna peu. Beaucoup plus citadins, les Girodet se contentaient d'administrer le domaine sans s'investir dans la vie de Chuelles comme l'avaient fait les Courtilz de Sandras.

Aux temps préhistoriques

Chuelles avait deux menhirs. Il n'en reste plus qu'un, celui de la Duranterie qui mesure trois mètres de hauteur. Il en existait un autre près des Petits Rosets. Il a été détruit en 1897.

Ces menhirs, explique M. Gache étaient des lieux de culte (...), généralement situés dans les bois, à proximité d'une source. Celui de la Duranterie est voisin des sources du ru de la vallée Saint-Jacques et celui de la Roche près d'un autre bras de ce ru."

Les Pierres levées étaient consacrées au dieu Bélène. Cette religion paqaniste d'avant l'ère chrétienne a survécu, plusieurs milliers d'années plus tard dans les croyances aux fées et les cultes rendus aux sorcières près de ces menhirs jusqu'au XIXème siècle..

Chuelles dans la tourmente de la Révolution

Après l'époque des guerres de religion, Chuelles vécut plutôt calmement jusqu'à la Révolution, au gré cependant des famines et des épidémies. "La vie y était très dure", rapporte dans son livre l'abbé Besnault, surtout durant les intempéries. Il fallait s'entraider pour les travaux.( ... )". En 1630, la paroisse était un gros bourg rural de huit cents habitants, peuplé de commerçants et d'artisans, avec de nombreuses fermes dispersées dans la campagne.

La période révolutionnaire

Le 12 juillet 1790, en pleine Révolution, la Constituante vota la loi de la constitution civile du Clergé. Lors de la grande messe du 7 novembre, le maire de Chuelles, François Descarie, fit prêter serment lu curé Vercho "d'être fidèle à la Nation et à la Constitution". Le peuple de Chuelles, comme dans la plupart des campagnes de la région n'était pas fervent révolutionnaire. Mais soucieux de s'éviter les ennuis, et parfois la guillotine, il se montrait acquis à la cause du gouvernement, en parole … Choisissant la voie de la prudence, le curé Vercho promit ce qu'on voulu. Alors âgé à l'époque des faits, mourut quatre ans plus tard.

En 1793, ce fut la Terreur. La "Loi des suspects" permettait d'arrêter quiconque semblait défavorable à la Révolution. Les prêtres réfractaires durent se cacher. Ils étaient devenus des hors-la-loi. Le vicaire de Triguères, Piérre-Toussaint Salmon; trouva refuge à la Dupinerie près de ChueIIes. C'est dans cette ferme qu'il passa l'hiver 1793-94.

A ce propos, l'abbé Patron raconta plus tard qu'un des délégués du Comité révolutionnaire s'était un soir présenté à la Dupinerie : "Tout le personnel de la terme est réuni autour de l'âtre -"Citoyens, un curé est caché ici" - "Comment, s'écrie le valet de ferme ? Si un curé se cache ici, nous allons le trouver !" Et aussitôt, saisissant la lanterne il invite les agents à le. suivre et leur fait visiter toute la maison avec ses dépendances sans qu'ils puissent trouver trace d'ecclésiastique. Les agents s'en retournant bredouilles, sans se douter que celui qui les a guidés est le prêtre même costumé en garçon de ferme."

Les Rosets

Aux Rosets, la famille Bouhébent avait fait l'acquisition de la ferme fortifiée en 1777. José Bouhébent, bourgeois vivant à Paris, administrait ses propriétés à Chuelles. Il fut nommé "commissaire exécutif près du canton de Courtenay" en 1796. Mais il se révéla rapidement hostile à la Révolution, en laquelle il n'avait vu qu'un moyen de faire prospérer ses affaires. José Bouhébent fut destitué un an après sa nomination.

L'abbé Besnault nous livre un document provenant des archives du ministère de l'Intérieur : "José Bouhébent, 66 ans, agent d'affaires, destitué de commissaire de district. Robuste, vigilant, singeant le patriote, contre-révolutionnaire caché, laissant la république, toujours absent de son poste Son fils est employé pour la république à Avignon. Deux royalistes dangereux. Il serait propre à toutes les places mais il serait trop dangereux. Il serait nécessaire qu'il soit cassé de celle

qu'il occupe présentement si l'on ne veut pas qu'il retienne un plus grand nombre de déserteurs" (11 frimaire an VI).

Son petit-fils fit édifier sous Louis-Philippe une demeure bourgeoise qu'on appela le château des Rosets. Vers 1911, à la suite de revers de fortune celui-ci fut vendu et démantelé. Ses pierres servirent de matériaux de construction. Sur le site subsiste toujours la tour du XIIe siècle, témoin du premier château de Chuelles.

La Sablonnière et la famille Faffe

Cette gentilhommière appartenait au curé Vercho depuis 1769. Le prêtre ne se plaisait pas au presbytère vétuste et inhabitable. Il vint donc s'installer à la Sablonnière avec sa mère. En 1783, l'abbé Vercho vendit la Sablonnière à François Descarie, procureur au Châtelet. Ce Parisien quitta la capitale pour venir s'installer à Chuelles et en devint le premier maire.

Au XIXe siècle, les Faffe habitèrent le château de la Sablonnière. Cette famille eut une grande influence sur la vie de la commune. Charles Faffe fut maire provisoire de Chuelles de 1798 à 1800. Son fils Félix épousa une demoiselle Descarie et vint habiter la Sablonnière en 1839.

Félix Faffe s'efforça de créer des écoles religieuses à Chuelles. Il établit tout d'abord une école pour filles dans l'ancien presbytère. En 1861, la municipalité protesta : on avait déjà une école de filles à Chuelles ! En 1864, l'école chrétienne déménagea et alla s'installer aux Comtes, propriété de la famille Faffe. Un an plus tard, Félix Faffe faisait bâtir une école sur un terrain lui appartenant rue de Douchy. L'établissement fonctionna jusqu'en 1921 ; quant à la maison, elle fut détruite par un incendie en 1990.

Monsieur Faffe ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin : il envisageait de fonder une école garçons aux Comtes et voulait assurer lui-même l'instruction. Mais il ne put mener son projet à bien : il rencontra l'opposition du préfet de l'époque qui ne lui reconnut pas les compétences d'un instituteur. Félix Faffe mourut en 1885.

Le caveau de la Sablonnière

C'est au début du XIXe siècle que la famille Faffe fit bâtir un vaste caveau, dans un champ en pente au nord de la route de construction. Les châtelains de, la Sablonnière avaient, semble-t-iI, voulu faire don de ce terrain pour que la commune y installe un cimetière. La municipalité aurait refusé, en raison de l'éloignement du site par rapport au bourg.

Cette ample construction est une curiosité par son architecture majestueuse. Les Faffe s'y firent inhumer jusqu'en 1925. Puis, les descendants des Faffe ayant tour à tour disparu, la sépulture fut la proie des vandales à plusieurs reprises. La mairie a aujourd'hui racheté le caveau et en assure l'entretien.

Les événements qui ont marqué Chuelles

Nous avons suivi les efforts de Félix Faffe, désireux d'établir des écoles religieuses à Chuelles. Pourtant, bien avant la fin du XIXe, Chuelles possédait une école.

En 1778, les archives citent Louis Luquet "maître des petites écoles". Il est probable qu'un établissement scolaire ait existé avant cette date. Toutefois, sous l'Ancien Régime et jusqu'au XlXème siècle, l'école n'est pas perçue comme une institution indispensable : dans l'esprit des gens il n'est de vrai labeur que le travail manuel.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes en 1816 sur 1200 habitants, Chuelles ne compte que trente écoliers, et encore.. l'hiver ! Pour ce qui est de mai à octobre, ils ne sont plus qu'une quinzaine. Les parents rechignent à laisser les enfants partir en classe alors qu'il y a tant à faire dans les champs !

Le résultat de cette quasi-absence de scolarisation se fait sentir à Chuelles comme dans toutes les campagnes. La plupart des habitants ne savent ni lire ni écrire. Favorisant la crédulité, le manque d'instruction laisse la part belle aux sorcières de tous poils.

Si les églises ont perdu des fidèles à cause de la Révolution, les enchanteurs et désensorceleurs divers gagnent des clients ! En 1850, le curé de Chuelles rapporte: "Les superstitions sont nombreuses et générales, parmi mes paroissiens : tout d'abord, ils croient aux sorciers et à l'efficacité de leurs artifices, aussi compte-t-on plus de vingt personnages hommes et femmes faisant publiquement profession de cet art et faisant redouter au plus degré . (…)

Les enchanteurs guérissent les fièvres, le chancre, les maux de dents, les maladies des yeux (…) Il en est de même pour les maladies d'animaux".

De nouvelles voies de communication

Le développement du trafic allait désenclaver la commune et la sortir peu à peu de l'obscurantisme.

Au XIXe siècle, la foire aux bestiaux qui avait lieu en mai, prit une exceptionnelle ampleur. Chuelles était située sur l'ancien "chemin des boufs" dont nous avons déjà parlé à propos de Douchy. Cette route qui remonte du Morvan à destination de Paris, permettait le passage des troupeaux tout au long de l'année.

Le commerce de bestiaux était très important dans le village: sous l'Ancien Régime. Chuelles avait son propre système de mesures pour peser les animaux. Quant aux grains, on s'en tenait à celui de Château-Renard ou de Courtenay. Les foires attiraient une foule considérable.

Ces manifestations entraînèrent l'ouverture de nouveaux cafés : au XIXe siècle, il y en eut jusqu'à six dans le bourg de Chuelles ! La foire du 6 mai 1849 fit date dans la vie de la commune. Ce fut une réussite totale cette année-là, la foire aux bestiaux de Chuelles fut à son apogée.

Parallèlement au développement de cette activité, on construisait la nationale 60. Avant la Révolution, une route sinueuse reliait Montargis à Courtenay. A la Restauration, on se mit à étudier un tracé plus direct. Les Chuellois espéraient le passage de la route dans le pays: cela leur fut refusé en 1822. Les travaux de construction durèrent jusqu'au milieu du XIXème siècle. Ils firent l'objet de nombreuses polémiques dans les communes traversées.

Mise à l'écart, de la route nationale 60,b Chuelles allait également être dédaignée par le chemin de fer. L'installation de la ligne de Sens marquant pourtant un tournant important dans la vie de la commune. En 1874, on inaugura la gare de Chuelles Douchy et on bénit les machines.

La gare, située en pleine campagne, à quatre kilomètres du bourg, était sur la commune de Triguères, mais qu'importe ! Chuelles avait sa gare. Une voiture à cheval assurait la navette pour le transport des voyageurs et du courrier. Un hameau se construisit autour de la gare de Chuelles, avec un café-épicerie et même une école.

Le XXème siècle

Au début de ce siècle. les châteaux de Chuelles disparurent. Les restes de celui du Verger furent utilisés pour bâtir une demeure bourgeoise.

Le manoir de la Hure fut rasé et, en 1921, c'est le château des Rosets qui tomba aux mains des maçons. Les pierres furent récupérées et servirent à d'autres constructions.

Après l'hécatombe de la Grande Guerre durant laquelle Chuelles perdit 59 jeunes hommes, le village connut l'épisode dramatique de "l'affaire Carmignac" au cours de la guerre de 1939-45.

La famille Carmignac habitait sur la place de Chuelles, face à l'église. Mme Carmignac tenait une épicerie. M. Lucien Carmignac avait constitué une cellule de Résistance qu'il animait avec patriotisme. Il fut dénoncé le 8 juillet 1943. La Gestapo se présenta à son domicile à deux heures du matin.

Une terrible fusillade éclata au côtés de laquelle M. Carmignac et son fils Norbert furent tués. Un autre fils Carmignac, Roger, fut grièvement blessé et envoyé en déportation ainsi que Mme Carmignac. Mais avant de mourir, Lucien Carmignac avait tués plusieurs Allemands. "La Gestapo y avait mis le paquet, rapporte le père Ozanne, curé de Chuelles au moment des faits, il est qu'il fallait mettre le paquet pour venir à bout d'un homme de la trempe de M. Carmignac (..) Criblé de balles, il succomba sous le nombre des assaillants. "

Aujourd'hui, une plaque commémorative apposée sur la maison rappelle le souvenir de ces héros chuellois.

Les Giberniots

"Bientôt, vous irez rendre visite aux Giberniots ?", me demandait un lecteur il y a quelques semaines. Car les habitants de Chuelles sont appelés aussi les Giberniots. Michel Métais a consacré un long article à l'épineux sujet.

Plusieurs théories s'affrontent afin d'expliquer ce surnom. Il en est une qui fait référence à la guerre de Cent Ans. "Le hameau des Gibarts, explique M. Métais, se trouvait au coeur du secteur dévasté et ses survivants furent contraints pendant des décennies d'adopter des habitudes d'hommes des bois. Cette vie d'errance aurait fait surnommer les rescapés des Gibarts, les Gibarniots ou Giberniots.

Autre hypothèse : la sobriquet viendrait de ce que les hommes de Chuelles portant une musette ou giberne, habitude rapportée des guerres de la Révolution et du Premier Empire,

Si la dernière supposition n'est pas la plus obligeante pour les Chuellois, elle est, de loin, la plus croustillante. Toujours selon Michel Métais, "Aristide Bruant classe le mot giberne parmi les synonymes méprisants de prostituées, filles à soldats en quelque sorte. Quelques bonnes âmes de la périphérie de Chuelles insinuèrent que les enfants nés moins de 10 mois après le passage des cosaques en 1814 étaient sortis de la giberne des cavaliers de l'hetman platov. Tous des Giberniots !

Liliane Violas


Renseignements historiques
Documentation sur l'histoire de Chuelles (Monsieur l'abbé Besnault), Histoire de l'Hermois (Paul Gache), Chroniques des usages et du parler Gâtinais (Michel Métais).
Je tiens à remercier l'abbé Besnault, curé de Chuelles, M. et Mme Rodde, et M. Michel Métais, président des amis du Vieux Montargis, pour leur aide et leur disponibilité.


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